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L'incendie d'un immeuble fait plus de 70 morts à Johannesburg
information fournie par Reuters 31/08/2023 à 14:59

(Actualisé avec témoignage, précisions sur le statut de l'immeuble et des habitants)

par Carien du Plessis et Bhargav Acharya

JOHANNESBURG, 31 août (Reuters) - Un incendie a ravagé dans la nuit de mercredi à jeudi un immeuble du centre de Johannesburg, faisant au moins 73 morts et 43 blessés, a annoncé la municipalité de la capitale économique sud-africaine.

L'incendie, dont la cause n'a pas encore été établie, s'est déclaré vers 01h30 du matin et a totalement détruit le bâtiment de cinq étages, a précisé le porte-parole des services d'urgence de Johannesburg, Robert Mulaudzi.

Douze heures après le drame, les autorités étaient toujours incapables de dire avec certitude qui vivait dans l'immeuble appartenant à la ville.

L'hypothèse de sans-abri vivant dans un squat avait dans un premier temps été avancée. Mais le maire de Johannesburg, Kabelo Gwamanda, a par la suite déclaré à la presse que la ville avait loué le bâtiment à une organisation caritative qui devait y loger des femmes ayant dû quitter leur logement, même si celui-ci avait finalement été utilisé "à d'autres fins", a-t-il dit sans autre précision.

Lebogang Isaac Maile, responsable du logement de la province du Gauteng, dont fait partie Johannesburg, a suggéré que certains locataires pourraient y avoir été logés par des groupes criminels.

"Il y a des cartels qui exploitent les personnes vulnérables. Parce que certains de ces immeubles, si ce n'est la totalité d'entre eux, sont en réalité aux mains de ces cartels qui collectent les loyers", a-t-il dit.

"ON N'Y VOYAIT RIEN"

La présidente du conseil municipal, Colleen Makhubele, avait auparavant laissé entendre que l'immeuble était occupé illégalement, ajoutant que la ville avait tenté à plusieurs reprises d'expulser les squatters de bâtiments désaffectés.

Les victimes sont responsables de ce qui leur est arrivé parce qu'elles n'ont "pas écouté la municipalité", a-t-elle déclaré à la télévision. "De telles choses se produisent (...) parce que les citoyens ne veulent pas comprendre et oeuvrer avec nous à l'application des lois."

Un des rescapés de la catastrophe, qui s'est présenté sous le nom de Leo, 25 ans, a raconté à Reuters qu'il avait réussi à descendre du deuxième étage avec sa mère.

"Les gens couraient. Il faisait noir et il y avait de la fumée. On n'y voyait rien", a-t-il témoigné.

Un photographe de Reuters a vu des corps alignés sous des couvertures dans une rue proche de la carcasse encore fumante de l'immeuble.

Johannesburg est une des villes qui connaît les plus fortes inégalités au monde, avec des taux de pauvreté, de chômage et de mal logement élevés. La ville compte environ 15.000 sans-abri en plus de tous ceux qui vivent toujours dans des townships aux allures de bidonvilles, selon les données de la province du Gauteng, dont fait partie la ville.

Les incendies y sont fréquents, sur fond de coupures d'électricité quasi quotidiennes qui poussent les habitants à utiliser des bougies pour s'éclairer et à se chauffer au bois.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a souhaité que toute la lumière soit faite sur les causes de la catastrophe et que des leçons soient tirées pour éviter qu'un tel drame ne se reproduise.

(Reportage de Carien du Plessis, Shafiek Tassiem, Bhargav Acharya et Alexander Winning, version française Tangi Salaün, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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